Sur le papier, s'inscrire dans une salle de fitness ne rime pas franchement avec couleur locale. Sur le papier seulement car j'ai été, pour la première fois, aujourd'hui, propulsée dans la galaxie féminine marocaine. La salle est réservée aux femmes les lundi, mercredi et vendredi. Pas un homme dans les couloirs. Du coup, les femmes se déshabillent, ôtent leur foulard et se dévoilent (c'est le cas de le dire).
Premier etonnement, bien naif, sous le voile, les femmes sont souvent très maquillées et soignées. Signe que le voile n'est pas synonyme d'un esprit traditionnel qui interdirait toute mise en valeur du corps de la femme. Au contraire. J'imagine que les femmes voilées doivent ressentir une légère frustration de ne pouvoir montrer leur corps. Du coup, elles n'y vont pas de main morte avec le Khôl (je traduis pour les hommes, le khôl est un crayon pour les yeux). Les femmes marocaines qui ont les moyens de se payer la salle de sport (aux alentours de 45 euros le mois), prennent soin d'elles. Tapis de course et vélos sont pris d'assaut. À des rythmes différents. Une jeune femme aux cheveux courts -presque une coupe à la garçonne- fait bien du 11 kilomètre/heure, elle est bien entrainée. Ma voisine, une jeune marocaine aux formes plus que généreuses, se sert du tapis pour de la marche. Une promenade de santé.
Les femmes plus agées sont nombreuses. Elles demandent conseil à la responsable de la salle, qui expliquent comme utiliser correctement les appareils. Ca papote sec.
D'autres sont venues seules et très déterminées. Trois pompes par ici, trois tractions là bas. Des corps parfaits. Elles portent des vêtements de sport sexy. D'autres femmes, moins sportives, ont plus l'air d'être en pyjama qu'en tenue de sport. Peu importe, le regard n'est pas lourd. On est loin des yeux qui ne vous quittent pas parfois dans la rue. Ici, chacune fait son petit programme de son côté.
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Il y a 4 jours