samedi 27 septembre 2008

Asilah, la ville fantome











Aujourd'hui, petite escapade à Asilah. Située à une quarantaine de kilomètres de Tanger. Vers le sud, sur la côte Atlantique. Première sortie de l'autoroute en direction de Rabat. Juste une parenthèse sur l'autoroute, vous ne pouvez pas savoir ce que c'est AGREABLE de pouvoir rouler sans avoir des dizaines de taxis fous autour de vous ! Pfiou
La ville compte près de 25000 habitants. Sa partie moderne n'a pas grand chose de particulier. On est accueilli par des haies de palmiers, souvent peuplés d'hirondelles. Une architecture classique marocaine je crois et comme partout, comme à Tanger, des constructions à n'en plus finir. Des chantiers, des chantiers et des chantiers. Ce qui fait le charme d'Asilah, c'est son centre historique. Sa Médina. La ville a reçu le prix d'architecture Aga Khan pour la restauration de sa Médina, protégée par d'imposants remparts.
Des murs blancs immaculés, des fresques à quelques coins de rue, des échoppes propres, des cafés et restaurants appetissants, et chose rare pendant le Ramadan, ouverts aux Touristes pendant la journée. C'est précisément là que le bât blesse. Les touristes. Asilah a été réhabilitée pour eux. Alors, oui, c'est réussi. Mais ce n'est pas authentique. Peu de portes qui claquent, quelques enfants, mais pas de brouhaha. C'est d'ailleurs ce qui nous a troublé en arrivant, l'absence de bruit. C'est qu'on s'était habitué à ce brouhaha qui semble caractériser Tanger. C'est à se demander si la médina est habitée. Les écriteaux "A vendre" se suivent et se ressemblent. Pas de saleté... Les rares maisons ouvertes semblent être occupées soit par les marchands qui tiennent les échoppes à touristes, soit pas des étrangers. De nombreux Espagnols à ce que j'ai pu entendre. Sans vouloir tirer de grandes conclusions, j'ai comme eu l'impression d'être dans un endroit qui, à lui seul, résumait l'un des dilemmes marocains. La restauration d'un patrimoine magnifique, aux dépends des Marocains. Le tourisme fait vivre le Maroc, il le détruit aussi. Nombreux sont ceux qui le craignent en tout cas.


Petit clin d'oeil. Au hasard d'une rue, un panneau publicitaire pour la vache qui rit. Comme Guy Delisle, ce dessinateur canadien que j'affectionne tout particulièrement, je serais tentée d'y voir là la vraie mondialisation...

Petite remarque. Il y avait quand même quelques enfants dans cette ville. Signe d'un minimum de vie. J'ai été frappée par le nombre d'entre eux qui portaient djelabas et babouches. Même pour jouer au foot... Comme pour être à la hauteur de la ville dans laquelle ils vivent, les enfants sont élégants. Des djélabas blanches ou couleur lin, bien repassées. Très nettes. Comme sur les cartes postales.

jeudi 25 septembre 2008

Faut qu'j'vous dise... non, ici c'est pas dangereux

Vous aviez failli me convaincre. "Le Maroc, c'est dangereux", "Il paraît qu'il a un regain d'islamisme", "faudra pas te promener seule"...
Alors au début, j'osais pas trop. Rentrer dans les magasins, regarder les gens dans les yeux, afficher clairement que je ne savais ou j'allais...
Et puis au fil du temps (j'adore, je ne suis là que depuis dix jours et je parle déjà du temps qui passe), des discussions et des rencontres, je me dois de vous le dire, je me suis rendu compte que NON TANGER N'EST PAS UNE VILLE DANGEREUSE. Mieux, c'est une ville plutôt sûre. Très peu d'agressions.
Alors évidemment, il y a quelques règles à respecter. Des conditions sine qua non à votre bien-vivre ici. Mesdames, Messieurs, roulement de tambour, Anne va vous distiller quelques précieux conseils...
Alors d'abord, et c'est presque une tautologie, adaptez-vous à la culture qui vous entoure. Nous sommes en terre arabe, à 99% musulmane, donc pas de provocation. Vestimentairement, c'est du pur bon sens. Evitons les jupes ou shorts courts, les gros décolletés... Vous voyez, ce n'est pas si contraignant... Pas besoin de porter des vêtements longs, encore moins le foulard. Pendant la période du ramadan, il faut savoir que les musulmans pratiquants ne doivent pas avoir de relations sexuelles pendant la journée. Encore une fois, par respect, mieux vaut porter un collant ou un pantalon sous nos jupes et robes. Juste une marque de respect, nulle obligation.
Deuxième conseil : évitez la Kasba seule, tard dans la nuit. Juste par précaution. De même qu'il vaut mieux éviter les Halles. Vous voyiez, rien de bien extraordinaire. J'irai même jusqu'à évoquer l'inverse. Paradoxalement, je me sens ici très très en sécurité. Peut-être parce qu'une des caractéristiques marocaines, c'est de beaucoup regarder son voisin. C'est vrai qu'au début, on se sent épié. C'est assez dérangeant, mais d'un autre côté, c'est aussi ce qui nous permet de nous sentir en sécurité. Les groupes de femmes, jolies et maquillées, sont d'ailleurs nombreux tard le soir dans Tanger...

mercredi 24 septembre 2008

Une ville poussiéreuse

Alors c'est très compliqué à montrer. D'abord parce que je ne fais pas de jolies photos. Ensuite parce que la poussière se voit peu. Elle amplit l'athmosphère, la colore. Tanger fait partie de ses villes dont on peut penser, lorsqu'on vient comme moi de ces villes occidentales, qu'elle est sale. Les routes ne sont pas terminées, beaucoup de choses trainent partout, de grosses flaques...
A y réfléchir, j'ai comme l'impression que c'est complètement idiot de dire de Tanger qu'elle est sale. Tanger est en quelque sorte la porte vers le monde arabe. Un monde de villes sableuses, qui ont toute cette particularité d'avoir une athmosphère un peu "jaune". C'est peut-être faux, je n'y suis jamais allée, mais c'est l'idée que je me fais de Damas. Une ville moderne, avec beaucoup de voitures, de grandes artères, la campagne pas loin et beaucoup de poussière dans la ville, de terre. C'est pareil à Tanger. Il y a plusieurs boulevards, de grandes et longues rues, larges. Des immeubles hauts mitoyens de petites maisons, bien plus basses. Beaucoup de piétons, qui marchent peu sur les trottoirs, parfois il n'y en a même pas. Des flaques, beaucoup de flaques. Alors n'allez-pas me demander pourquoi des flaques alors qu'a priori il pleut peu. Je n'en sais rien, il y a des flaques...

mardi 23 septembre 2008

L'émerveillement







Le choc de photos, sans le poids des mots. Ils me manquent pour vous expliquer l'émerveillement des quelques pas, mes premiers, dans la Kasba.
L'ancienne vieille ville. Elle est dans les hauteurs, mais au bord de la mer.
Des maisons magnifiques, des terrasses à couper le souffle.
La Kasba a encore cela de formidable qu'elle mélange les mondes. Elle est prisée des riches étrangers qui rachètent de magnifiques maisons, les font rénover et en font des palaces. Mais y vivent aussi des tangérois pure souche, sans trop de moyens. Il y a d'ailleurs une magnifique école en plein coeur de la Kasba. Je suis passée devant au moment de la pause de midi. Des dizaines d'enfants dévalaient les petites rues. Evidemment, on accuse les touristes de dénaturer l'endroit. Et y'a comme une guéguerre à celui qui construira -à l'oeil- la maison la plus haute. Vue oblige. Au détriment de l'authenticité et de la préservation d'un patrimoine magnifique. Une petite pensée pour ce vieux monsieur qui repeignait l'entrée d'une mosquée à l'angle d'un petit chemin...

Je vous laisse profiter de ça...


lundi 22 septembre 2008

Chauffards et autres fous du volant



Excusez la photo... Pas très éloquente...
Mais bon, c'est juste pour vous montrer ces petits taxis bleus, juste là vous voyez==>>> Voilà LE taxi tangérois. Pas cher, une vingtaine de dirhams -maximum- pour un trajet dans la ville. L'équivalent de deux euros. Alors ce qu'il faut savoir, c'est que ces taxis, comme tous les véhicules dans le coin, sont conduits par des FOUS du volant !
Le clignotant ? Pas la peine. Les priorités? Qu'est ce que c'est? Pas de poids lourd sur la voie de gauche ? Mais pourquoi. Les passages cloutés? Je m'en fiche...
En gros, c'est l'anarchie, mais surtout très dangereux. Il faut toujours être attentif. Un enfant, une voiture, un scooter peut déboucher de nulle part. Alors j'ai opté pour la solution facile, je roule à 20 à l'heure. Pas de risque... et une consommation d'essence réduite. À propos de benzène, laisse-moi vous dire que c'ets encore un des avantages du pays. Un demi-plein, c'est 200 dirham, moins de 20 euros. Le bonheur. Enfin, il faut rajouter les quelques dirhams que vous donnez aux pompistes, mais ce n'est pas grand chose. Et surtout tellement agréable. Dire que de l'autre côté de la Méditerranée, ce métier a disparu...