Aujourd'hui, petite escapade à Asilah. Située à une quarantaine de kilomètres de Tanger. Vers le sud, sur la côte Atlantique. Première sortie de l'autoroute en direction de Rabat. Juste une parenthèse sur l'autoroute, vous ne pouvez pas savoir ce que c'est AGREABLE de pouvoir rouler sans avoir des dizaines de taxis fous autour de vous ! Pfiou
La ville compte près de 25000 habitants. Sa partie moderne n'a pas grand chose de particulier. On est accueilli par des haies de palmiers, souvent peuplés d'hirondelles. Une architecture classique marocaine je crois et comme partout, comme à Tanger, des constructions à n'en plus finir. Des chantiers, des chantiers et des chantiers. Ce qui fait le charme d'Asilah, c'est son centre historique. Sa Médina. La ville a reçu le prix d'architecture Aga Khan pour la restauration de sa Médina, protégée par d'imposants remparts.
Des murs blancs immaculés, des fresques à quelques coins de rue, des échoppes propres, des cafés et restaurants appetissants, et chose rare pendant le Ramadan, ouverts aux Touristes pendant la journée. C'est précisément là que le bât blesse. Les touristes. Asilah a été réhabilitée pour eux. Alors, oui, c'est réussi. Mais ce n'est pas authentique. Peu de portes qui claquent, quelques enfants, mais pas de brouhaha. C'est d'ailleurs ce qui nous a troublé en arrivant, l'absence de bruit. C'est qu'on s'était habitué à ce brouhaha qui semble caractériser Tanger. C'est à se demander si la médina est habitée. Les écriteaux "A vendre" se suivent et se ressemblent. Pas de saleté... Les rares maisons ouvertes semblent être occupées soit par les marchands qui tiennent les échoppes à touristes, soit pas des étrangers. De nombreux Espagnols à ce que j'ai pu entendre. Sans vouloir tirer de grandes conclusions, j'ai comme eu l'impression d'être dans un endroit qui, à lui seul, résumait l'un des dilemmes marocains. La restauration d'un patrimoine magnifique, aux dépends des Marocains. Le tourisme fait vivre le Maroc, il le détruit aussi. Nombreux sont ceux qui le craignent en tout cas.
Petit clin d'oeil. Au hasard d'une rue, un panneau publicitaire pour la vache qui rit. Comme Guy Delisle, ce dessinateur canadien que j'affectionne tout particulièrement, je serais tentée d'y voir là la vraie mondialisation...
Petite remarque. Il y avait quand même quelques enfants dans cette ville. Signe d'un minimum de vie. J'ai été frappée par le nombre d'entre eux qui portaient djelabas et babouches. Même pour jouer au foot... Comme pour être à la hauteur de la ville dans laquelle ils vivent, les enfants sont élégants. Des djélabas blanches ou couleur lin, bien repassées. Très nettes. Comme sur les cartes postales.

