

Invitée hier soir chez des Tangérois, j'ai enfin pu goûter les joies du f'tour maison. Pas d'yeux rivés sur les montres comme je pouvais le penser. Comme dit la femme de la maison " Nous jeûnons toute la journée, quelques minutes de plus, ce n'est pas grand chose". On attend donc que le soleil se couche. Tous les aliments sont disposés sur la table. Et puis c'est parti. Mais calmement. Au menu : sucré et salé se mélangent. Des pâtisseries marocaines, à base de miel et d'amande. Pas très léger, mais tellement délicieux. Certaines sont en forme de tube, d'autre triangulaires, comme les samoussas indiennes. LE PLAT DU F'TOUR, c'est la soupe. La Harira. Une soupe riche et épaisse. Avec du vermicelle (enfin une sorte), des pois chiches, des haricots, de la tomate. Un plat obligatoire pendant le Ramadan. Un plat qui donne chaud. Croyez moi, quand il fait trente degrés, ça chauffe ! Il y a aussi des sortes de blinis. Des galettes rondes beurrées et sucrées. Un délice. Mais aussi des minis pizzas, des sortes de quiches lorraine (sans lardon, évidemment), des petits feuilletés au fromage, et des sauces étranges. Qui ne servent pas à accompagner un plat mais se mangent à la cuillère. Il y en avait de deux sortes. L'une à l'amande et au sucre -paraît-il très difficile à cuisiner- l'autre dont l'apparence faisait penser à la crême de marrons et le goût indescriptible... Des dattes.
A boire, premier étonnement. Pas de thé à la menthe. Mais du café. Avec ou sans lait, c'est as you like. Pour moi, c'était lait à l'amande. Les petits ont opté pour le lait fraise. Une fois le premier repas de la nuit terminé, chacun se met à son aise. On enlève chaussures, babouches ou sandales. Et on s'allonge sur ces canapés immenses, qui bordent en général l'ensemble du salon. En silence. Les marocains ne sont pas bavards à table. Un ange passe.


